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Gwà : la promesse des mamans au nouveau-né

Le Gwà est une danse célébrant une nouvelle naissance. Les mamans chantent, dansent et bénissent le nouveau-né. Chacune fait son passage, puis se laisse tomber dans les bras des autres femmes qui la rattrapent. Ce geste représente leur promesse de ne jamais laisser l’enfant tomber : il trouvera toujours des bras pour le soutenir, le relever et l’accompagner. Elles annoncent ainsi leur responsabilité de veiller sur lui : « Tu es notre enfant et nous veillons sur toi. »

Gwa

Qu’est-ce que le Gwà ?

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Le Gwà est une danse célébrée par les mamans lorsqu’une nouvelle naissance vient d’avoir lieu. Elles se réunissent pour chanter, danser et célébrer l’arrivée du nouveau-né.

Dans leurs chants, elles bénissent le bébé et lui adressent leurs souhaits pour sa vie. Elles célèbrent son arrivée, son avenir et le chemin qui commence devant lui.

Puis chacune vient faire son passage.

Chaque maman fait son passage

Les mamans chantent et dansent ensemble. À tour de rôle, chacune avance pour faire son passage. Elle chante, adresse sa bénédiction ou son éloge au nouveau-né, puis se laisse tomber.

Les autres femmes sont derrière elle et la rattrapent.

Elle retourne ensuite dans le groupe. Une autre maman prend son tour, chante à son tour pour le bébé, le bénit, puis se laisse tomber dans les bras des autres.

Et le mouvement continue jusqu’à ce que chacune ait fait son passage.

« Nous ne te laisserons pas tomber »

C’est dans ce geste que la promesse faite au nouveau-né devient visible.

La maman se laisse tomber parce qu’elle sait que les autres femmes sont là pour la rattraper. De la même manière, elles annoncent à l’enfant qu’au cours de sa vie, il trouvera toujours des bras pour éviter sa chute.

Il connaîtra des moments de joie, mais aussi des difficultés. Il pourra perdre ses forces, rencontrer des obstacles ou tomber sur son chemin.

Les mamans lui disent qu’il ne sera pas seul.

S’il tombe, des bras seront là pour le relever. S’il faiblit, des bras seront là pour le soutenir. S’il traverse une difficulté, des personnes seront là pour l’accompagner.

Les mamans annoncent leur responsabilité

Le Gwà ne célèbre donc pas seulement la naissance d’un enfant. Les femmes annoncent aussi leur responsabilité envers lui.

Elles vont le regarder grandir. Elles vont veiller sur son parcours. Elles pourront le conseiller, le corriger, le protéger et intervenir lorsqu’il en aura besoin.

Cette veille appartient à la communauté. L’enfant grandit avec ses parents, mais il est également entouré de femmes qui ont annoncé leur présence dans sa vie dès sa naissance.

Celle qui est portée porte aussi

Après avoir été rattrapée, la maman retourne dans le groupe. Lorsque la suivante se laisse tomber, elle participe à son tour à la rattraper.

Celle qui est portée devient donc elle-même un bras pour une autre.

Le Gwà rappelle ainsi que personne ne porte toujours les autres et que personne n’a toujours besoin d’être porté. Les moments de la vie changent. Aujourd’hui, je te soutiens. Demain, c’est peut-être toi qui me soutiendras.

Une communauté autour d'une nouvelle vie

À travers leurs chants, leurs bénédictions et leurs gestes, les mamans accueillent le nouveau-né dans une communauté qui reconnaît déjà sa responsabilité envers lui.

Elles lui souhaitent un bon parcours et lui montrent qu’il y aura autour de lui des personnes capables de veiller sur lui.

Leur promesse n’est pas seulement prononcée. Elle est montrée par leurs corps : une femme se laisse tomber et plusieurs femmes se tendent immédiatement pour la retenir.

Puis une autre tombe.

Et elles la rattrapent encore.

Le Gwà, une promesse de veille

Chaque passage répète le même engagement. Une maman chante pour le nouveau-né, le bénit, se laisse tomber et les autres la rattrapent. Puis une autre prend sa place.

À travers ce geste répété par chacune, les mamans annoncent leur présence dans la vie de l’enfant.

Elles lui disent qu’il aura des bras autour de lui.

Des bras pour empêcher sa chute.

Des bras pour le relever lorsqu’il tombera.

Des bras pour le soutenir lorsqu’il sera faible.

Des yeux pour le regarder grandir.

Des voix pour le conseiller.

Des personnes pour veiller sur son parcours.

Le Gwà est donc à la fois une célébration, une bénédiction et un engagement des mamans envers une nouvelle vie.

Et au milieu des chants et des danses, le message reste simple :

Tu es notre enfant et nous veillons sur toi.

Nous serons là pour toi.

Nous veillerons sur toi.

Nous ne te laisserons pas tomber.

Et si un jour tu tombes, tu trouveras des bras pour te relever.

Le Gwà est ainsi une célébration de la naissance, mais aussi une annonce faite par les mamans : elles prennent leur part de responsabilité dans la vie de cet enfant et s’engagent à veiller sur son parcours.

Une nouvelle vie arrive. Plusieurs femmes se lèvent autour d’elle. Et chacune promet, à sa manière, d’être un bras lorsque viendra le moment de soutenir.

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Écrit par

NTÙMLA Organization

gomâfø MÂLÁ ŊKƏŊMØNYƏ / Malla Kenmeugne Écrivaine & Gardienne du patrimoine Bamiléké/Grassfield

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